🛢️ Depuis le 27 janvier, plus une goutte de pétrole russe ne coule vers la Slovaquie et la Hongrie via l'oléoduc Droujba. La cause officielle : une frappe aérienne russe a endommagé la section ukrainienne du pipeline. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a publié les photos de l'infrastructure en flammes pour devancer toute accusation. Mais Bratislava n'y croit qu'à moitié. Pour le Premier ministre Robert Fico, l'Ukraine fait délibérément traîner les réparations pour exercer un chantage politique — forcer la Slovaquie et la Hongrie à lever leur opposition à l'adhésion ukrainienne à l'UE.
⚡ La menace slovaque est directe : si Kiev ne rétablit pas le flux pétrolier, Bratislava coupera ses exportations d'électricité vers l'Ukraine. En décembre 2025, la Slovaquie fournissait 21 % des importations électriques ukrainiennes — un apport vital pour un pays dont le réseau est régulièrement détruit par les frappes russes. Fico l'a dit sans détour : si Zelensky estime que Droujba n'a aucune valeur, alors la Slovaquie cessera sa coopération électrique. Le gouvernement slovaque a déclaré l'état de crise pétrolière.
🇭🇺 La Hongrie est dans le même bateau. Budapest et Bratislava ont conjointement demandé à la Croatie d'autoriser le transit de pétrole russe via le pipeline adriatique JANAF. Zagreb a refusé, invoquant la « solidarité avec l'Ukraine ». La Hongrie, loin de diversifier ses approvisionnements comme le reste de l'UE, a augmenté sa dépendance au pétrole russe — de 61 % en 2021 à 86 % aujourd'hui. Le ministre hongrois Szijjártó accuse l'Ukraine de mettre en danger la sécurité énergétique de deux États membres pour des raisons idéologiques.
🇪🇺 Le fond du problème dépasse le pétrole. L'UE avait prévu une interdiction totale des nouveaux contrats de gaz russe à partir de janvier 2026, avec une extinction complète des contrats existants d'ici 2028. Fico a qualifié ce plan d'« imbécile ». La Slovaquie et la Hongrie avaient déjà voté contre. Ce que cette crise révèle, c'est que trois ans après le début de l'invasion, certains États membres restent structurellement accrochés à l'énergie russe — et que l'Ukraine utilise cette dépendance comme levier de pression, au risque de fracturer le front européen.
🔄 L'ironie est double. D'un côté, la Russie bombarde un pipeline qui alimente ses propres clients européens — une stratégie qui vise à semer la discorde au sein de l'UE. De l'autre, l'Ukraine refuse de faciliter le transit d'un pétrole dont les revenus financent la guerre contre elle. Chacun joue sa carte. Et c'est l'unité européenne qui trinque.
Fico, qui avait rendu visite à Poutine fin 2024 pour discuter de l'approvisionnement gazier, n'a jamais caché sa proximité avec Moscou. Zelensky l'a accusé « d'aider Poutine à financer la guerre ». Mais quand un pays de l'OTAN menace de couper l'électricité à un pays en guerre pour préserver son accès au pétrole russe, la question de la solidarité occidentale n'est plus théorique. Elle est sur la table. Avec un interrupteur.
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