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Mer d'Oman : l'Iran et la Russie se déploient face aux États-Unis, la Chine en embuscade
🌍 Iran par Bergfrid 3 min de lecture

🔥 La séquence est d'une gravité rare. Mardi, l'Iran a annoncé la fermeture partielle du détroit d'Ormuz — une première depuis la guerre Iran-Irak des années 1980. Les Gardiens de la Révolution y ont mené des tirs réels de missiles, frappant des cibles depuis les côtes iraniennes directement dans le détroit, dans le cadre d'un exercice baptisé « Contrôle intelligent du détroit d'Ormuz ». Ce passage, large de 33 kilomètres à son point le plus étroit, voit transiter environ 20 % du pétrole mondial — soit 13 millions de barils par jour. Le fermer, même quelques heures, c'est un acte de guerre économique.
🇷🇺 Et ce n'est pas fini. Dès jeudi, l'Iran et la Russie lanceront des manœuvres navales conjointes en mer d'Oman et dans le nord de l'océan Indien. L'exercice, hébergé par la première zone navale iranienne à Bandar Abbas, implique le porte-hélicoptères russe Stoyskiy, déjà à quai dans le port iranien. Le contre-amiral Hassan Maghsoudlou, porte-parole de l'exercice, affirme que l'objectif est de « renforcer la sécurité maritime » et de « contrer les activités menaçant la sécurité des navires commerciaux et des pétroliers ». Autrement dit : montrer que la Russie est prête à défendre, aux côtés de l'Iran, les routes maritimes que Washington menace.
🇨🇳 La Chine n'est pas en reste. L'exercice s'inscrit dans le cadre plus large de la « Ceinture de sécurité maritime 2026 », des manœuvres trilatérales Iran-Russie-Chine lancées pour la huitième fois depuis 2019. Trois puissances nucléaires qui coordonnent des opérations navales à quelques milles des porte-avions américains : le signal est limpide.
🇺🇸 En face, Washington a massé une force de frappe considérable. Deux groupes aéronavals — l'USS Abraham Lincoln et l'USS Gerald R. Ford — sont déployés au Moyen-Orient, accompagnés de centaines d'aéronefs. Le 3 février, un drone iranien Shahed-139 a été abattu par un F-35C après s'être approché de manière agressive du Lincoln en mer d'Arabie. Des vedettes rapides des Gardiens de la Révolution ont harcelé un pétrolier américain dans le détroit. Les incidents se multiplient.
💣 Le contexte diplomatique n'offre qu'un mince filet de sécurité. Mardi, à Genève, le deuxième round de négociations nucléaires entre l'Iran et les États-Unis s'est conclu sur un accord de « principes directeurs », selon le ministre iranien Araghchi — mais le vice-président JD Vance a prévenu que des « lignes rouges » subsistent sur l'enrichissement, les missiles balistiques et les proxys régionaux. Trump a déclaré préférer la diplomatie, mais a averti qu'un échec des négociations aurait des conséquences « très traumatisantes » pour l'Iran. Il a aussi évoqué un « changement de régime » comme « la meilleure chose qui puisse arriver ».
☠️ L'ayatollah Khamenei, lui, ne fait plus dans la retenue. Mardi, il a lancé publiquement : « Bien sûr qu'un porte-avions est un appareil dangereux, mais plus dangereux encore est l'arme qui peut l'envoyer au fond de la mer. » Le général Naghdi, conseiller de la Garde révolutionnaire, a ajouté que « les États-Unis sont finis » et qu'ils ne pourraient « rien faire même avec 12 porte-avions ».
Ce qui se joue en mer d'Oman n'est plus un exercice. C'est un déploiement coordonné de trois puissances face à la marine américaine, dans le détroit le plus stratégique du monde, pendant que des diplomates tentent d'empêcher une guerre à Genève. Le dernier pays à avoir fermé Ormuz, c'était l'Iran — en pleine guerre. L'histoire bégaie.

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Sources

AP
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AFP
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Reuters
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CNBC
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PBS
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Euronews
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