🔍 Ce mardi 17 février, la Commission européenne a ouvert une procédure formelle contre le géant chinois de l'e-commerce Shein, au titre du Digital Services Act (DSA). L'enquête porte sur trois axes : la vente de produits illégaux sur la plateforme (dont des poupées sexuelles à l'effigie d'enfants, assimilées à du matériel pédopornographique), la conception volontairement addictive de l'application (systèmes de points, récompenses et notifications pensés pour maximiser le temps d'écran, notamment chez les adolescents), et le manque de transparence des algorithmes de recommandation. Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la souveraineté numérique, a rappelé que « dans l'UE, les produits illégaux sont interdits, qu'ils se trouvent dans les rayons d'un magasin ou sur une place de marché en ligne ».
⏳ Il aura fallu plus de trois mois. Le scandale avait éclaté en France le 1er novembre 2025, lorsque la DGCCRF avait révélé la présence sur la plateforme de poupées sexuelles représentant des enfants, mais aussi d'armes de différentes catégories, en violation totale de la législation française et européenne. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête pénale dès le 3 novembre, un acheteur de poupée avait été interpellé, et le ministère de l'Intérieur avait saisi le tribunal pour demander le blocage de la plateforme. Shein avait retiré les produits incriminés et annoncé un mécanisme de vérification d'âge. Mais la Commission, elle, a pris son temps : trois demandes de renseignements (juin 2024, février 2025, novembre 2025) avant d'ouvrir cette procédure. Mieux vaut tard que jamais.
🏬 L'affaire s'inscrit dans un contexte français déjà explosif. Le 5 novembre 2025, Shein inaugurait sous escorte policière sa première boutique physique permanente au monde, au 6e étage du BHV Marais à Paris. La réaction a été immédiate : une pétition dépassant 110 000 signatures, le départ de plusieurs marques (dont Skin & Out, Rivedroite), la rupture du contrat entre les Galeries Lafayette et la Société des Grands Magasins pour ne plus être associées à Shein, l'annulation par Disneyland Paris de son pop-up de Noël au BHV, et le retrait par la Banque des Territoires de son offre de rachat des murs du magasin (évaluée à 300 millions d'euros). L'enseigne avait déjà écopé de trois amendes totalisant 191 millions d'euros en France pour fausses promotions, non-respect de la législation sur les cookies et absence de déclaration de microfibres plastiques.
💰 Si la Commission conclut à des infractions au DSA, les sanctions pourront aller jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial de Shein. Les ministres Roland Lescure, Serge Papin et Anne Le Hénanff se sont félicités que « la voix de la France ait été entendue » et réclament une procédure menée « jusqu'au bout et rapidement ». Shein, de son côté, joue l'apaisement et assure « prendre très au sérieux » ses obligations. Aucun délai légal n'est fixé pour conclure l'enquête.
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Sources
Commission européenne
Euronews
Franceinfo
AFP
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