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📜 Le 18 février 2026, une déclaration ministérielle conjointe signée par 32 représentants de l'UE, du Royaume-Uni, du Canada, de la Norvège, de la Suisse, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande dénonce les violences contre les civils au Soudan. Le texte évoque des actes pouvant constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité. Les signataires demandent des enquêtes impartiales et que les responsables soient traduits en justice. Parmi eux : Jean-Noël Barrot (France), Johann Wadephul (Allemagne), Anita Anand (Canada), Yvette Cooper (Royaume-Uni), Antonio Tajani (Italie), Hadja Lahbib (Commission européenne).
🔥 Ce que la déclaration pointe. Une escalade récente des frappes de drones et d'attaques aériennes, y compris sur des civils déplacés, des hôpitaux, des convois alimentaires du PAM et des zones proches de sites humanitaires. Des violences sexuelles généralisées. Une famine confirmée. Jusqu'à 100 000 déplacés dans les seuls États du Kordofan ces derniers mois. La déclaration vise nommément les FSR et leurs milices alliées, mais demande à toutes les parties de cesser les hostilités.
🛰️ Ce que le monde pouvait voir depuis des mois. Depuis la chute d'El-Fasher le 26 octobre 2025, les images satellites racontent ce que le blackout des communications tente de masquer. Le Humanitarian Research Lab de Yale a identifié 150 sites compatibles avec des restes humains entre le 26 octobre et le 28 novembre 2025. 31 clusters de corps repérés en cinq jours. Des rues tachées de sang visibles depuis l'espace. Des exécutions géolocalisées par Bellingcat : un commandant RSF nommé Abu Lulu filmé en train d'exécuter des captifs sur un talus au nord-ouest de la ville. À l'hôpital Al-Saudi, 460 personnes tuées par les FSR lors de leur assaut, selon l'OMS. 300 hommes rassemblés dans le quartier Daraja Oula, divisés en groupes de 30, mitraillés les uns après les autres, puis achevés à la grenade et au brûleur à gaz, selon le rapport de l'ONU publié le 14 février 2026.
Yale estime que le nombre de victimes à El-Fasher seul se compte « en dizaines de milliers ». Sur 250 000 habitants avant l'assaut final, 65 000 ont fui. Yale n'observe pas de mouvement de masse sortant de la ville : la majorité de la population restante est « morte, capturée ou cachée ».
💀 Le bilan global. La guerre civile entre les Forces armées soudanaises (SAF) du général al-Burhan et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti a commencé le 15 avril 2023. Les estimations de morts varient selon les sources et les méthodes. ACLED comptabilisait environ 28 700 morts par violences directes fin 2024, dont 7 500 civils. Le Lancet a estimé 61 000 morts pour le seul État de Khartoum entre avril 2023 et juin 2024, toutes causes confondues. Le Sénat américain évoquait en mai 2024 un bilan potentiel de 150 000 morts. L'ancien envoyé américain pour le Soudan, Tom Perriello, a depuis estimé le bilan total, incluant famine et maladie, à 400 000 morts. 11 millions de déplacés. 25 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë. Famine confirmée dans plusieurs localités. 80% des établissements de santé hors service.
⚖️ La séquence diplomatique. Le 10 novembre 2025, une première déclaration conjointe, signée par 19 pays et soutenue par 11 autres, condamnait les atrocités après la chute d'El-Fasher. Le 19 janvier 2026, le procureur adjoint de la CPI, Khan, déclarait devant le Conseil de sécurité que des crimes de guerre et crimes contre l'humanité avaient été commis à El-Fasher. Le 29 janvier 2026, l'UE sanctionnait 7 nouveaux individus : 5 affiliés aux FSR (dont Algoney Hamdan Dagalo Musa, frère de Hemedti), 2 aux SAF (dont Abu Zaid Talha al-Misbah, commandant du bataillon islamiste Baraa bin Malik). Le régime de sanctions de l'UE couvre désormais 18 individus et 8 entités. Le Royaume-Uni a sanctionné 6 personnes en février, dont trois Colombiens accusés d'avoir recruté des vétérans sud-américains comme mercenaires pour les FSR, et le directeur d'Al-Khaleej Bank pour financement des FSR.
🌍 Les acteurs extérieurs. Le Soudan accuse les Émirats arabes unis de fournir armes et drones aux FSR. Abu Dhabi nie. Reuters a révélé en février 2026 l'existence d'un camp d'entraînement secret en Éthiopie pour les combattants FSR, financé par les EAU, avec 4 300 combattants en formation en janvier 2026. L'armée soudanaise reçoit un soutien de l'Égypte, de l'Arabie saoudite, de l'Iran et de la Turquie. L'Iran a fourni des drones aux deux camps, selon une enquête BBC de juin 2024. Les négociations de paix (processus de Jeddah, médiation UA) sont au point mort.
Le 18 février, jour de la déclaration, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme Volker Türk signalait plus de 50 civils tués dans la seule semaine écoulée par des frappes de drones dans quatre États soudanais, ciblant marchés, hôpitaux et points d'eau.

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