🇰🇵 Kim Jong-un a passé deux jours consécutifs, les 3 et 4 mars, au chantier naval de Nampo (côte ouest) pour inspecter le destroyer Choe Hyon, navire de 5 000 tonnes, avant sa mise en service. Il a assisté mardi aux essais en mer, puis mercredi au tir de missiles de croisière mer-sol qualifiés de « stratégiques » par l'agence KCNA, terme que Pyongyang réserve aux systèmes à capacité nucléaire. Les photos publiées par KCNA montrent plusieurs projectiles s'élevant du navire dans des panaches de fumée blanche, Kim observant depuis la côte.
🚢 Kim a déclaré que l'armement nucléaire de sa marine progressait de manière « satisfaisante » et que ces avancées constitueraient « un changement radical dans la défense de notre souveraineté maritime, quelque chose que nous n'avons pas accompli depuis un demi-siècle ». Il a ordonné la construction de deux navires de guerre par an pendant cinq ans, de classe égale ou supérieure au Choe Hyon. Lors de sa visite, il a également inspecté un troisième destroyer de la même classe en construction à Nampo, dont l'achèvement est prévu pour l'anniversaire de la fondation du Parti des travailleurs en octobre.
⚠️ Le programme de modernisation navale nord-coréen n'est pas sans revers. En mai 2025, un deuxième destroyer de classe Choe Hyon a chaviré lors d'une cérémonie de mise à l'eau ratée au chantier de Chongjin, un incident que Kim avait qualifié de « criminel ». Le navire, rebaptisé Kang Kon, aurait été relancé en juin après réparation, mais les experts extérieurs doutent de son état opérationnel. Des analystes sud-coréens estiment que le Choe Hyon a probablement été construit avec une assistance russe, dans le cadre de l'approfondissement des liens militaires entre Pyongyang et Moscou.
🔎 Le contexte est plus large qu'un navire. Lors du Neuvième Congrès du Parti des travailleurs en février, Kim a fixé des objectifs incluant des ICBM à lancement sous-marin, l'expansion de l'arsenal nucléaire tactique, et la poursuite de la construction d'un sous-marin nucléaire. Il a laissé la porte ouverte à un dialogue avec l'administration Trump, mais uniquement si Washington abandonne la dénucléarisation comme condition préalable. Le timing est calculé : Trump prépare une visite en Chine du 31 mars au 2 avril, ce qui pourrait ouvrir une fenêtre étroite pour un contact Pyongyang-Washington, direct ou via médiation chinoise. Pendant ce temps, Kim ne reconnaît plus la Northern Limit Line, la frontière maritime tracée par le commandement de l'ONU après la guerre de Corée, zone de plusieurs affrontements navals meurtriers.
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