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New York : deux sympathisants de l'État islamique inculpés après avoir lancé un engin explosif au TATP contre un rassemblement anti-islam devant Gracie Mansion

🇺🇸 Samedi 7 mars, deux engins explosifs improvisés ont été lancés lors d'un rassemblement anti-islam organisé devant Gracie Mansion, la résidence officielle du maire de New York, dans l'Upper East Side de Manhattan. Le FBI et le NYPD enquêtent conjointement pour terrorisme. Les deux suspects, Emir Balat (18 ans) et Ibrahim Kayumi (19 ans), tous deux originaires de Pennsylvanie, ont été arrêtés sur place et sont en garde à vue fédérale. Le parquet fédéral du district sud de New York prépare l'inculpation.

📌 Les faits. Vers 12h38, Balat a allumé et lancé un premier engin vers la zone de manifestation ; l'objet a heurté une barrière et s'est éteint à quelques mètres de policiers. Kayumi lui a ensuite remis un second engin ; Balat l'a allumé, a couru, puis l'a laissé tomber au sol. Les deux hommes ont été interpellés quasi immédiatement par les forces de l'ordre déployées en nombre. Un journaliste de l'AFP présent a rapporté que Balat a crié « Allahu Akbar » au moment du jet, ce que confirme une vidéo vérifiée par CBS News. Aucun blessé.

📌 Les engins. La commissaire Jessica Tisch a décrit les dispositifs : bocaux enveloppés de ruban adhésif noir, légèrement plus petits qu'un ballon de football américain, contenant des écrous, des boulons, des vis et une mèche artisanale. L'analyse préliminaire du NYPD Bomb Squad a confirmé qu'il ne s'agissait ni d'un canular ni d'un fumigène, mais d'un engin explosif improvisé « fonctionnel » qui « aurait pu causer des blessures graves, voire mortelles ». Selon CBS News et le New York Post, le contenu a été identifié comme du TATP (triacétone triperoxyde), un explosif extrêmement volatil surnommé « la Mère de Satan » par les experts. C'est l'explosif utilisé dans les attentats de Bruxelles (2016, 32 morts), du Bataclan/Saint-Denis (2015), de Manchester (2017, 22 morts). La construction : bouteille de boisson sportive remplie de TATP, placée dans un bocal en verre entouré de ruban de chantier, avec fragmentation (boulons/vis) et une mèche raccordée à un pétard type M80. Les engins sont envoyés au laboratoire du FBI à Quantico (Virginie) pour analyse complémentaire. Une source policière au New York Post : « On a eu de la chance. Ils n'ont pas obtenu le bon mélange ou la bonne concentration. C'est uniquement la chance qui fait que personne n'est mort. »

📌 Profil des suspects. Selon des sources policières citées par le New York Post, Balat et Kayumi se sont auto-radicalisés ces dernières années. Ils ont avoué aux enquêteurs avoir regardé des vidéos de propagande de l'État islamique et avoir ciblé les manifestants d'extrême droite parce qu'ils estimaient que ceux-ci insultaient leur religion. L'un des deux a directement fait référence à Daesh dans ses déclarations (NBC News). Voyages : Balat a séjourné plus de trois mois à Istanbul (mai-août 2025) ; Kayumi s'est rendu à Istanbul et en Arabie saoudite en 2024, et à Melbourne (Australie) en 2019. Le FBI a exécuté dimanche des mandats de perquisition à leur domicile de Newtown (Pennsylvanie). Une voisine : « Ce qui est effrayant, c'est qu'ils pouvaient fabriquer une bombe chez eux, en face de notre maison. » Un troisième engin suspect a été découvert dimanche dans un véhicule (Honda noire) sur East End Avenue entre la 81e et la 82e rue, à trois rues de Gracie Mansion ; le NYPD l'a extrait par robot et mis en sécurité après des évacuations partielles.

📌 Le contexte. Le rassemblement, intitulé « Stop the Islamic Takeover of New York City », était organisé par Jake Lang, influenceur d'extrême droite et participant gracié du 6 janvier (Trump l'avait gracié avec les autres inculpés du Capitole). Lang avait été inculpé pour agression d'un agent avec une batte de baseball lors de l'assaut. Il manifestait contre les prières musulmanes en public et « l'islamisation » de New York, devant la résidence de Zohran Mamdani, premier maire musulman de la ville, en poste depuis le 1er janvier 2026. Environ 20 manifestants pro-Lang, environ 125 contre-manifestants. Un supporter de Lang, Ian McGinnis (21 ans, Philadelphie), a été inculpé pour agression après avoir aspergé des contre-manifestants de gaz lacrymogène. L'incident s'est produit pendant le Ramadan. Mamdani était présent dans la résidence. Sa déclaration : « La violence lors d'une manifestation n'est jamais acceptable. La tentative d'utiliser un engin explosif et de blesser des personnes est non seulement criminelle, elle est répréhensible et l'antithèse de ce que nous sommes. »

📌 Observation. Un rassemblement de 20 personnes avec une marionnette représentant un musulman, mené par un gracié du 6 janvier. En face, 125 contre-manifestants dont deux fabricants de bombes au TATP avec des séjours récents en Turquie et en Arabie saoudite, des aveux de radicalisation djihadiste et des engins conçus pour tuer. La symétrie entre « extrémisme de droite » et « contre-manifestation » qu'établissent certaines couvertures médiatiques ne résiste pas à l'examen des faits : d'un côté, de la provocation islamophobe ; de l'autre, une tentative d'attentat terroriste au sens strict du terme.

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Sources

NBC
nbcnews.com
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