🌍 États-Unis par Pur jus de pomme 4 min de lecture

« Bouclier des Amériques » : Trump lance une coalition militaire anti-cartels de 17 nations et promet la chute du régime cubain

🇺🇸🇨🇺 Samedi 7 mars, Donald Trump a réuni douze chefs d'État alliés d'Amérique latine et des Caraïbes au Trump National Doral Golf de Miami pour un sommet baptisé « Shield of the Americas » (Bouclier des Amériques). Les participants : Argentine (Milei), Bolivie (Paz Pereira), Chili (Kast, président élu), Costa Rica (Chaves), Équateur (Noboa), El Salvador (Bukele), Guyana (Ali), Honduras (Asfura), Panama (Mulino), Paraguay (Peña), République dominicaine (Abinader), Trinité-et-Tobago (Persad-Bissessar). Absents notables : Brésil, Mexique, Colombie, soit les trois puissances dominantes de la région.

📌 Coalition militaire. Trump a signé une proclamation créant l'« Americas Counter Cartel Coalition » (A3C), une alliance de 17 nations engagée à employer la force militaire létale contre les cartels et les réseaux narcoterroristes. La comparaison explicite : la coalition anti-État islamique au Moyen-Orient. Trump aux dirigeants présents : « La seule façon de vaincre ces ennemis est de déchaîner la puissance de nos armées. Nous devons utiliser notre armée. Vous devez utiliser la vôtre. » Il a proposé l'usage de missiles de précision contre les cartels, à la demande des pays partenaires. Le Mexique est qualifié d'« épicentre de la violence des cartels ». Hegseth (Secrétaire à la Guerre) et Noem (Homeland Security) présents ; Noem a proposé son numéro de téléphone personnel à chaque chef d'État pour une ligne directe.

🇨🇺 Cuba. Le cœur politique du sommet. Trump a déclaré que Cuba « vit ses derniers moments » et qu'un « grand changement » est imminent. Ses mots : « Cuba is at the end of the line. They have no money. They have no oil. They have a bad philosophy. They have a bad regime that's been bad for a long time. » Il affirme que quatre des douze dirigeants présents lui ont personnellement demandé de « s'occuper de Cuba », et a répondu : « I'll take care of it. » Il évoque des négociations en cours avec Rubio et lui-même, affirmant qu'un accord serait « très facile ».

📉 Contexte cubain. L'île traverse sa pire crise depuis la chute de l'URSS. Depuis la capture de Maduro en janvier et la prise de contrôle de l'industrie pétrolière vénézuélienne par les États-Unis, Cuba a perdu 90 % de son approvisionnement en carburant. Le Mexique a suspendu ses livraisons sous pression américaine (tarifs douaniers menaçants). Résultat : pannes massives allant jusqu'à 20 heures par jour, la centrale Antonio Guiteras (principale du pays) est tombée en panne le 4 mars provoquant un blackout de l'ouest de l'île jusqu'à Las Tunas. Cuba a suspendu le ravitaillement en kérosène des avions pour un mois ; Air Canada, Rossiya et Nordwind ont suspendu leurs vols. Les hôpitaux annulent des opérations, les médicaments de base manquent, le ramassage des ordures est interrompu. Le 25 février, le Trésor américain a émis une licence autorisant la revente de pétrole vénézuélien au secteur privé cubain uniquement, excluant le gouvernement et l'armée.

🗣 Réaction cubaine. Díaz-Canel a qualifié le sommet de « petit, réactionnaire et néocolonial » sur X, accusant les participants d'accepter « l'usage létal de la force militaire américaine pour résoudre des problèmes internes ». Il dénonce une « attaque contre la Proclamation de l'Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de Paix » et une « manifestation de la volonté de se subordonner aux intérêts du voisin puissant du Nord sous les préceptes de la doctrine Monroe ». Le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a parlé d'un « document servile et déshonorant » signé par les participants. Drop Site News rapporte qu'aucune négociation de haut niveau n'a réellement lieu entre Washington et La Havane ; le Miami Herald indique que le seul contact identifié serait le petit-fils de Raúl Castro, Raúl Guillermo Rodríguez Castro, qui n'occupe aucun poste dirigeant au sein du Parti communiste.

🔎 Ce sommet remplace le 10e Sommet des Amériques, initialement prévu en République dominicaine, annulé après que Washington avait fait exclure Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, provoquant les menaces de boycott du Mexique et de la Colombie. Le « Bouclier des Amériques » réunit donc exclusivement la droite continentale alignée sur Washington, dans un lieu (le golf personnel de Trump) qui en dit long sur la nature de l'événement. La même semaine, l'Équateur et les États-Unis ont mené des opérations militaires conjointes dans l'Amazonie équatorienne contre les Comandos de la Frontera (groupe armé colombien).

📌 Séquence stratégique. Venezuela (janvier, raid militaire, capture de Maduro), Iran (mars, guerre en cours), Cuba (annoncé, étranglement économique en cours). Trump lors du sommet : « Au moment où nous accomplissons une transformation historique au Venezuela, nous sommes aussi impatients de voir le grand changement qui va bientôt se produire à Cuba. » La veille, à CNN : « Cuba will fall pretty soon. »

Partager

Copié !
Soutenez le journalisme indépendant
Bergfrid vit grâce à ses lecteurs — zéro pub, zéro censure
Soutenir

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !

Copier l'article

Titre, contenu, sources et mention Bergfrid

Article copié dans le presse-papiers

Sources

LE Monde
lemonde.fr
Ouvrir
ABC NEws
abcnews.com
Ouvrir

À lire ensuite