🌍 Monde par Pur jus de pomme 4 min de lecture

Synagogue de Liège, ambassade US à Oslo, aéroports américains : en une semaine de guerre, les métastases du conflit iranien frappent l'Occident

💣 Dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars, un engin explosif a été déclenché devant la synagogue de Liège, rue Léon Frédéricq. L'explosion, survenue peu avant 4h du matin, a soufflé la vitrine principale de la synagogue et les fenêtres des bâtiments en face. Aucun blessé. La division « terrorisme » de la police judiciaire fédérale de Liège mène l'enquête. Le SEDEE (Service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs) de la Défense est sur place. Le bourgmestre Willy Demeyer (PS) dénonce « un acte extrêmement violent d'antisémitisme » et ajoute : « Il ne peut être question d'importer dans notre cité les conflits extérieurs. » Le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) qualifie l'acte d'« antisémite abject visant directement la communauté juive de Belgique » et confirme que les mesures de sécurité autour des sites similaires « continueront à être renforcées ». Les services de sécurité belges sont en état « d'extrême vigilance » depuis les frappes américano-israéliennes sur l'Iran. La synagogue, inaugurée en 1899, est un bâtiment classé qui abrite un musée de l'histoire juive liégeoise.

🇳🇴 Dans la nuit du samedi 8 mars, vers 1h du matin, une explosion a frappé l'entrée de la section consulaire de l'ambassade des États-Unis à Oslo, en Norvège. Dégâts matériels mineurs, aucun blessé. L'explosion a été causée par un engin incendiaire. La police norvégienne enquête sur « plusieurs hypothèses », dont le terrorisme. Le porte-parole de la police Frode Larsen déclare : « Il est naturel de voir ceci dans le contexte de la situation sécuritaire actuelle et qu'il pourrait s'agir d'une attaque ciblant délibérément l'ambassade américaine. » Le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants américaine, Rick Crawford, a estimé que l'explosion « pourrait être un attentat terroriste ». La police renforce la sécurité autour de l'ambassade, de la diaspora iranienne et des communautés juives en Norvège.

🇺🇸 Aux États-Unis, deux incidents en 48 heures. Le 7 mars, un vol Southwest Airlines Nashville-Fort Lauderdale a été dérouté vers Atlanta après qu'un passager s'est levé, a crié « Allahu Akbar » et a menacé de faire exploser l'avion. Le 8 mars, une menace à la bombe a été signalée à l'aéroport international de Kansas City : l'appelant a déclaré avoir placé trois bombes à des points stratégiques avec un minuteur de 45 minutes. Le trafic aérien a été dérouté. Après plus d'une heure, aucune bombe n'a été trouvée.

📊 Quatre incidents en une semaine, dans trois pays occidentaux, tous liés directement ou indirectement au climat de guerre au Moyen-Orient. Une synagogue bombardée en Belgique. Une ambassade américaine frappée en Norvège. Deux incidents aériens aux États-Unis. Et au même moment, les services de sécurité belges sont en « extrême vigilance », la police norvégienne renforce la protection des communautés juives et iraniennes, et les ambassades américaines dans le Golfe ferment les unes après les autres.

📌 En France, le lien entre le conflit et la politique intérieure est tout aussi visible, même si d'une autre nature. LFI a exclu en janvier un candidat aux municipales à Romilly-sur-Seine pour des « posts à caractère antisémite » : il qualifiait un député socialiste de « salopard sioniste » et affirmait que « le Crif dirige la France » et que « les sionistes génocidaires ont beaucoup appris du IIIe Reich ». Le fils de l'imam Hassan Iquioussen, expulsé de France pour prêches antisémites, est candidat sur une liste municipale dans le Nord. À Lyon, Mélenchon a provoqué une polémique en prononçant « Epstine » au lieu d'« Epstein », une « ironie » dans laquelle le ministre de l'Intérieur a lu de l'antisémitisme qu'il « condamne très fermement ». La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a déclaré la veille du premier tour des municipales que « le nouvel antisémitisme en France s'écrit en trois lettres : LFI ».

La guerre au Moyen-Orient ne reste pas au Moyen-Orient. Elle se diffuse par les réseaux, par les communautés, par les tensions préexistantes. Chaque synagogue devient une cible, chaque ambassade frappée en Norvège, chaque « Allahu Akbar » dans un avion américain est la preuve que la distance géographique ne protège plus de rien.

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Sources

Le Monde
lemonde.fr
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AP
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AFP
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Reuters
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