🇬🇧 Le gouvernement britannique a annoncé mardi la suspension des visas d'étude pour les ressortissants d'Afghanistan, du Cameroun, de Birmanie et du Soudan, ainsi que des visas de travailleur qualifié pour les Afghans. La mesure entre en vigueur le 26 mars. La ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood présentera jeudi un cadre plus strict sur l'asile lors d'un discours dédié.
📊 Le Home Office justifie la décision par les chiffres : les demandes d'asile déposées par des étudiants de ces quatre nationalités ont bondi de 470% entre 2021 et 2025. Sur la période septembre 2024-septembre 2025, 2 900 visas d'étude ont été accordés aux ressortissants des quatre pays ciblés et 90 visas de travailleur qualifié aux Afghans, pour 1 210 demandes d'asile déposées par des titulaires de ces mêmes visas. Au total, 133 760 demandes d'asile par voie légale depuis 2021, dont 16 000 personnes originaires des quatre pays visés. Coût du soutien aux demandeurs d'asile : plus de 4 milliards de livres par an.
🏛️ Le gouvernement précise que le Royaume-Uni a accueilli plus de 37 000 Afghans depuis 2021 dans le cadre des dispositifs post-retour des talibans au pouvoir, et que 190 000 visas humanitaires ont été délivrés en 2025.
🔄 Cette annonce s'inscrit dans un durcissement migratoire plus large des Travaillistes. Depuis lundi, le statut de réfugié n'est plus accordé que pour 30 mois renouvelables, contre cinq ans auparavant. La réforme prévoit aussi un délai de 20 ans avant l'obtention d'un permis de résidence permanente. En novembre 2025, Londres avait menacé l'Angola, la Namibie et la RDC de gel des visas pour forcer l'acceptation des expulsions ; quatre mois plus tard, le Home Office affirme que la coopération est en place et que des vols de renvoi décollent.
📈 Le contexte politique est lisible : les demandes d'asile ont atteint un record de 108 138 en 2024 avant de redescendre à 100 625 en 2025, et Reform UK, le parti anti-immigration de Nigel Farage, progresse régulièrement dans les sondages. Le gouvernement Starmer, élu sur une promesse de réduction de l'immigration légale et illégale, applique une politique que ses prédécesseurs conservateurs n'avaient pas mise en œuvre à cette échelle.
🔎 Aucune indication sur la durée de la suspension ni sur une éventuelle extension à d'autres nationalités. Les quatre pays ciblés ont un point commun : des conflits actifs ou des situations sécuritaires qui rendent le retour difficile, ce qui pose la question de savoir comment Londres distingue l'abus de visa de la demande de protection légitime.
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