🎓 Les élections parlementaires anticipées du 25 octobre en Serbie ont produit un séisme politique. La Liste Étudiante (Studentska Lista), mouvement né dans la rue il y a deux ans, remporte 141 sièges sur 250 avec 53% des voix, soit la majorité absolue. Le SNS (Parti progressiste serbe) d’Aleksandar Vučić, au pouvoir depuis 2012, obtient 103 sièges (39%). Aucune autre liste n’a franchi le seuil électoral. Vučić a concédé sa défaite le soir même.
🔎 Le mouvement est né de l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, qui a tué 15 personnes. L’accident a cristallisé des années de colère contre la corruption, le népotisme et la concentration autoritaire du pouvoir. Des manifestations massives ont suivi pendant deux ans, réunissant sans étiquette commune l’extrême droite chrétienne et l’extrême gauche athée autour d’un socle : anti-corruption, refonte des institutions démocratiques, transparence. La plupart des partis d’opposition traditionnels se sont retirés pour laisser le champ libre à la Liste Étudiante.
📌 Le SNS de Vučić dirigeait la Serbie depuis 14 ans dans un mélange de nationalisme, de progressisme affiché et d’autoritarisme. Proche de Moscou, draguant l’UE sans jamais s’engager, refusant les sanctions contre la Russie tout en négociant l’adhésion européenne. Vučić, en concédant, a accusé les « médias indépendants », des « pays européens » non nommés et un « deep state américain » d’avoir causé sa défaite.
🇪🇺 Ursula von der Leyen a félicité la Liste Étudiante, promettant un soutien aux « réformes sur l’État de droit, la liberté des médias, la lutte contre la corruption » et l’avancement de « l’avenir de la Serbie dans l’Union européenne ». Le message est clair : Bruxelles veut récupérer Belgrade dans son orbite. La question est de savoir si ce mouvement né de la rue et sans structure partisane classique survivra au passage du pouvoir, ou s’il sera digéré par l’appareil qu’il vient de vaincre.
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