⚔️ Quarante-huit heures après les frappes américano-israéliennes qui ont tué le Guide suprême iranien Ali Khamenei (opération Roaring Lion / Epic Fury), l'Iran bombarde simultanément Israël, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l'Arabie saoudite et Oman. Au total, selon le ministère de la Défense émirati, 165 missiles balistiques, 2 missiles de croisière et 541 drones ont été tirés sur le seul territoire des Émirats. L'aéroport de Dubaï est fermé, le port de Jebel Ali en feu, le Burj Al Arab et le Fairmont de Palm Jumeirah touchés. Neuf morts à Beit Shemesh en Israël, un missile ayant pénétré un abri sous une synagogue. Le détroit d'Ormuz est contesté, des pétroliers brûlent. Ce soir, la base britannique d'Akrotiri à Chypre est frappée. La guerre vient d'atteindre le sol européen.
❓ Le mot « troisième guerre mondiale » fait peur. C'est précisément pour cette raison qu'il faut l'examiner. Si l'on cherche 1939, des déclarations de guerre formelles, des fronts continus, des mobilisations générales, alors non, nous n'y sommes pas. Si l'on cherche un conflit systémique impliquant toutes les grandes puissances sur plusieurs continents, avec des théâtres interconnectés et des mécanismes d'escalade actifs entre eux, la réponse est moins nette.
📜 La première guerre mondiale était une guerre de nations : des empires disputant des territoires, des colonies, des débouchés commerciaux. La deuxième était une guerre d'idéologies : fascisme contre démocratie libérale et communisme, puis guerre froide. Ce qui se déploie en mars 2026 est d'une nature différente. Les fractures ne suivent plus les frontières des États ; elles traversent les sociétés elles-mêmes. À Bahreïn, les cocktails Molotov volent contre les forces de sécurité d'un régime sunnite qui héberge la marine américaine, dans un pays à majorité chiite. À Karachi, la foule a envahi le consulat américain. À Bagdad, l'armée irakienne se bat autour de l'ambassade des États-Unis contre ses propres citoyens. Les peuples se soulèvent au nom d'une identité religieuse et culturelle qui transcende les frontières nationales.
🇺🇸 D'un côté, le bloc occidental et ses alliés : les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni (dont les troupes ont failli être tuées à Bahreïn selon le Premier ministre Starmer), la France (dont la base d'Abu Dhabi a été frappée), les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie. Et désormais, l'Ukraine, explicitement invitée par Londres à contribuer à la défense anti-missiles au Moyen-Orient, forte de deux ans d'expérience contre les drones iraniens Shahed utilisés par la Russie sur son propre territoire.
🇮🇷 De l'autre, le bloc dit de « résistance » : l'Iran (IRGC, Basij, armée régulière), la Russie en soutien technologique (satellite espion Khayyam, livraisons de chasseurs Su-35), la Chine en fournisseur stratégique (système de navigation BeiDou-3 intégré au guidage des missiles iraniens depuis fin 2025, constellation de plus de 500 satellites militaires, livraisons de perchlorate de sodium pour le carburant solide des missiles), la Corée du Nord (transferts de munitions vers la Russie libérant des stocks pour l'Iran). Auxquels s'ajoutent les acteurs non étatiques : milices chiites irakiennes, Houthis, Hezbollah, Hamas, et milices communistes financées par le Venezuela à travers les Amériques.
🗺️ Les théâtres de conflit actifs ce 1er mars 2026 se comptent sur plusieurs continents. Au Moyen-Orient : l'Iran frappe sept pays, les bases américaines sont sous feu continu, l'Irak bascule vers la guerre civile, Bahreïn se soulève. En Europe de l'Est : la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, désormais directement liée au théâtre moyen-oriental par la demande britannique d'assistance ukrainienne. En Méditerranée : Chypre, territoire de l'UE, frappée via la base d'Akrotiri. Dans les Amériques : le président vénézuélien kidnappé, semi-guerre civile au Mexique avec menaces d'intervention américaine, Cuba sous blocus renforcé. Et partout, des soulèvements populaires non commandés par aucun état-major : Pakistan, Irak, Bahreïn, avec un attentat sur le sol américain.
🔗 La différence fondamentale avec 1914 et 1939 : le face-à-face direct entre superpuissances est soigneusement évité. Non par pacifisme, mais par peur nucléaire. Le résultat est une guerre par procuration permanente. Les grandes puissances se combattent à travers des proxys, des transferts de technologie, du renseignement partagé, des « conseillers » et des « opérateurs » dont l'existence n'est jamais officiellement reconnue. Des soldats américains sont présents en Ukraine. Des techniciens chinois participent à l'intégration de BeiDou dans les missiles iraniens. Des officiers russes forment les équipages iraniens sur les Su-35.
🇪🇸 Entre ces deux blocs, des pays pratiquent l'ambiguïté comme doctrine. L'Espagne est le cas le plus visible en Europe : Madrid a reconnu l'État de Palestine, critiqué ouvertement Israël à Gaza, refusé des livraisons d'armes, tout en restant membre de l'OTAN et de l'UE. Pedro Sánchez joue la dissidence interne à l'Occident, suffisamment intégré pour ne pas être sanctionné, suffisamment critique pour miner le consensus. La Turquie joue un double jeu plus ancien : membre de l'OTAN mais acheteur de S-400 russes, partenaire commercial de l'Iran mais rival en Syrie. L'Inde maintient des relations simultanées avec Washington (QUAD), Moscou (armement, pétrole) et Téhéran (port de Chabahar). Oman, traditionnellement médiateur, a été frappé par l'Iran malgré ce statut. Ces ambiguïtés sont tenables en temps de paix ; elles deviennent des choix forcés quand les missiles traversent les frontières.
☪️ Le facteur le plus imprévisible de cette guerre est populaire. Gaza a produit depuis octobre 2023 une unification du sentiment musulman par-delà le clivage sunnite-chiite que quarante ans de géopolitique n'avaient pas réussi. Le Hamas est sunnite, le Hezbollah chiite, l'Iran chiite, et les manifestations de soutien dans le monde sunnite ont été massives. Les monarchies du Golfe ont passé des décennies à financer un islam anti-chiite pour créer un rempart idéologique contre l'Iran. Ce rempart a fonctionné tant que le chiisme était l'ennemi. Quand l'ennemi principal dans l'esprit des populations devient Israël et l'Amérique, les vieilles lignes confessionnelles perdent leur pouvoir. La question, pour chaque armée alliée du Golfe, est désormais celle de la loyauté de ses propres soldats.
⚠️ En 1918, on signe dans un wagon. En 1945, on signe sur un cuirassé. En 2026, avec qui signe-t-on ? Avec un État iranien décapité mais dont les missiles continuent de tomber ? Avec des foules à Bahreïn qui ne répondent à aucun commandement ? Avec une Chine qui fournit les GPS des missiles iraniens tout en appelant à la désescalade à l'ONU ? Le monde est en guerre. Personne ne l'a déclarée. Et personne ne sait comment on en sort.
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