📍 Au Salvador, un haut responsable du gang MS-13 a été condamné à 1 335 années de prison pour une série de meurtres, disparitions forcées et actes criminels de masse. La justice salvadorienne a également infligé des peines de 958 ans et 463 ans à d’autres membres du même réseau criminel.
🧾 Les autorités estiment que le condamné dirigeait une structure ayant terrorisé le pays pendant des décennies. Le gang MS-13, aux côtés de Barrio 18, est tenu pour responsable d’au moins 200 000 morts en environ 30 ans, par assassinats directs, extorsions, représailles et violences systématiques.
📊 À titre de comparaison, 200 000 morts correspondent à la population d’une ville française comme Reims, ou à celle d’un département rural entier. Un bilan humain sans équivalent en Europe occidentale sur une période aussi courte.
🏛️ Ces condamnations s’inscrivent dans la politique sécuritaire menée par le gouvernement salvadorien, qui a fait du démantèlement des gangs une priorité absolue. Le pays, longtemps considéré comme l’un des plus dangereux du monde, affiche aujourd’hui des taux d’homicides parmi les plus bas du continent américain.
⚖️ Cette politique s’est toutefois accompagnée d’un recours massif à la détention préventive. Environ 8 000 personnes ont été libérées après enquête, les autorités reconnaissant qu’elles n’avaient aucun lien avec les gangs. Les arrestations reposaient souvent sur des indices indirects, comme la présence de tatouages, le temps que les investigations soient menées.
🕵️ Le gouvernement assume ces erreurs, les présentant comme un coût transitoire dans une stratégie visant à neutraliser des organisations criminelles de masse, responsables de centaines de milliers de victimes civiles.
🌍 Les ONG internationales critiquent vivement cette politique, dénonçant des atteintes aux droits fondamentaux et des arrestations arbitraires. Ces organisations avaient en revanche été largement silencieuses pendant les décennies de violences exercées par les gangs, un contraste régulièrement souligné par les autorités et leurs soutiens.
⚠️ Le débat reste ouvert entre deux lectures irréconciliables :
– la priorité absolue donnée à la protection de la population civile
– la défense stricte des droits individuels, y compris dans un contexte de criminalité extrême
🕵️ À ce stade, le gouvernement salvadorien maintient sa ligne, estimant que la sécurité retrouvée de millions de citoyens justifie une politique pénale exceptionnelle face à une menace criminelle sans précédent.