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🌍 Bolivie par Bergfrid 3 min de lecture

Bolivie : un avion militaire s'écrase avec 53 millions d'euros en billets, la foule pille la cargaison parmi les morts, la Banque centrale annule une série entière

✈️ Le 27 février, un C-130 Hercules de la Force aérienne bolivienne s'est écrasé à l'aéroport d'El Alto, près de La Paz, après un atterrissage manqué par forte grêle et orages. L'avion, en provenance de Santa Cruz, a percuté une route adjacente, fauchant plusieurs véhicules. Bilan : 24 morts, dont quatre enfants, et 37 blessés, dont un enfant amputé des deux jambes. Des corps tellement mutilés que seuls neuf ont pu être identifiés dans les premières heures.

💰 L'appareil transportait 17,1 millions de billets de la Banque centrale de Bolivie (BCB), pour un montant de 423 millions de bolivianos (53 millions d'euros). Des billets neufs, convoyés par voie militaire parce que les routes terrestres d'altitude entre Santa Cruz et La Paz sont vulnérables aux attaques.

🏃 Ce qui s'est passé ensuite. Des caisses se sont ouvertes à l'impact, projetant des liasses sur la chaussée, entre les morceaux de fuselage et les voitures broyées. Avant que les secours n'arrivent, une foule de riverains s'est précipitée sur le site. Pas pour porter secours. Pour ramasser les billets. Les pompiers et ambulances n'ont pas pu accéder aux blessés, bloqués par les pillards. Cristina Choque, 60 ans, vendeuse dont la voiture avait été percutée par un pneu de l'appareil et dont la fille avait une blessure à la tête, a raconté à l'AFP que sa famille était restée enfermée dans le véhicule accidenté par crainte d'être détroussée par la foule. Un groupe a tenté de forcer les cargaisons encore dans le fuselage. La police a dû tirer des gaz lacrymogènes pour dégager l'accès aux victimes. Selon le gouvernement, au moins 30% de la somme a été volée sur place, entre les corps et les débris.

🏦 En réponse, la BCB a annulé l'intégralité des billets de la série « B », celle de la cargaison. Conséquence : mardi 3 mars, des milliers de Boliviens se sont rués vers les banques pour échanger leurs propres billets légaux, confondus avec la série annulée. Files d'attente dans tout le pays. Le président de la BCB, David Espinoza, a appelé au calme et mis en ligne un outil de vérification. Le ministère de la Défense a rappelé que la possession des billets volés constituait une infraction pénale.

🔎 La seule survivante du vol a évoqué des conditions météorologiques extrêmes et des problèmes techniques. Enquête ouverte. L'enchaînement est complet : un crash, des morts qu'on enjambe pour ramasser de l'argent, une annulation monétaire, et une panique bancaire. La Bolivie, déjà sous tension économique, découvre en une semaine ce que vaut la confiance dans ses institutions et dans ses concitoyens.

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Sources

AFP
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